Burn-out et fatigue : pourquoi se reposer ne suffit pas ?

La fatigue est souvent l’un des premiers signes du burn-out. Mais derrière ce mot se cachent bien des réalités. Elle n’est pas toujours facile à identifier, ni à accepter.

Lit défait dans la pénombre, la lumière filtre à travers le store

D’autant que le burn-out s’installe insidieusement. Et que la personne a parfois déjà connu d’autres raisons d’être fatiguée, d’avoir du mal à récupérer. Alors, la fatigue ou les fatigues ?

Un signal d’alarme du corps

La fatigue est un signal d’alarme de l’organisme. Elle témoigne d’une souffrance, d’un manque d’énergie vitale.

Ce manque peut venir d’une surchauffe, d’une surconsommation d’énergie, ou d’une carence des ressources internes (hormonales, métaboliques). Trois histoires pour mieux comprendre.

Xavier : la fatigue de l’effort

Xavier a un travail très prenant, des déplacements à l’étranger et peu de liberté dans son rythme personnel. Il aime courir. La course le déstresse, il peut la pratiquer presque n’importe où et elle lui permet de retrouver des ami·e·s.

Pour garder cette activité qui lui fait du bien, il se lance un défi : le marathon de Paris. Malgré un entraînement bien structuré, il sent une douleur au genou au milieu de la course. L’énergie du groupe le pousse à terminer. Il n’est pas venu pour rien !

Les jours puis les semaines qui suivent, il est très fatigué. Sa blessure met du temps à guérir, il ne peut plus courir, et cela joue sur son caractère.

Mais avec de la patience et sa capacité d’adaptation, il accepte de travailler différemment. Il fait moins de voyages professionnels, prend soin de son genou et de son corps, se met à la natation. Quelques mois lui permettent de récupérer.

Violette : quand plusieurs fatigues s’accumulent

Une naissance éprouvante. Violette, 39 ans, est comblée par la naissance de son premier enfant. Mais les premiers moments sont compliqués. Son compagnon est absent, le bébé a du mal à prendre le sein et à dormir. Elle traverse l’effondrement hormonal du post-partum tant bien que mal, bouleversée par tant d’émotions, avec la crainte de ne pas y arriver avec cet enfant si désiré mais si fragile.

Les virus de l’hiver n’épargnent pas le petit Théo. Il est réhospitalisé à trois semaines pour une bronchiolite. C’était Noël. « Ça aurait dû se passer autrement… »

Une fatigue qui ne passe pas. Les médecins sont rassurants, mais Violette ne récupère pas. Théo se réveille en pleurant toutes les nuits. Elle se sent inhabituellement épuisée, émotive, irritable. Elle perd ses cheveux, elle est frileuse. Finalement, on lui diagnostique un déséquilibre thyroïdien, qui est traité.

Le retour au travail. Théo va chez l’assistante maternelle et Violette reprend son poste de cadre dans une institution médico-sociale. Le congé maternité est passé trop vite, les dossiers l’attendent. Elle pense que le travail va lui faire du bien, qu’elle va retrouver des repères.

Le choc. En mai, Théo a 5 mois et Violette ne dort toujours pas vraiment bien. Une situation de maltraitance est révélée dans son service. Ses collègues ne réagissent pas comme elle : ils voudraient taire l’affaire ou passer l’éponge au plus vite. Violette se mobilise pleinement. Certain·e·s se détournent d’elle et critiquent son « empressement » à faire la vérité.

L’effondrement. Son médecin lui propose un premier arrêt, puis un second. Elle écourte ce second arrêt par conscience professionnelle, se sentant plus forte après cinq jours de repos. Mais un matin, c’est le signal de trop. Théo a encore attrapé un virus et ne mange presque rien. Elle n’en peut plus. Son dos se bloque. Elle ne peut plus se lever, n’a plus l’énergie de se mettre debout, d’agir, de tenir comme elle le faisait jusqu’alors.

Avant l’effondrement, le repos devient impossible

Avant l’effondrement, il y a souvent cette phase où il est difficile de se reposer. Difficile d’être calme, de se sentir ici et maintenant, sans les pensées agitées, la tension permanente, l’agacement.

Valérie : la fatigue qui s’installe avec les années

La fatigue liée au travail en horaires décalés ou aux changements de saison est fréquente et bien réelle. En général, on s’adapte. Mais au fil des années, l’organisme devient plus sensible, le stress devient chronique et le repos parfois inaccessible.

Valérie, 45 ans, est infirmière de nuit. Ses épaules restent hautes. Elle a beau se dire « souffle, détends-toi ! », sa mâchoire reste serrée. Ses pensées s’éparpillent : elle perd ses clés, commet des erreurs dans la préparation des médicaments. Cela l’agace encore plus et crée une tension psychique pour contrôler chacun de ses gestes.

Les petits moments de détente qu’elle s’accordait en rentrant le matin ne fonctionnent plus. Ses pensées deviennent de plus en plus négatives. Son sommeil est durablement perturbé. C’est étonnant comme le sommeil manque quand on a tellement besoin de récupérer !

Un arrêt de travail ? Elle n’en veut pas. Elle pense pouvoir tenir, pour les patient·e·s, pour soutenir sa collègue de nuit qui revient après une maladie grave. Les vacances, dans deux mois, lui permettront de se reposer et de mettre son esprit au calme.

Pourtant, son corps parle : constipation de plus en plus marquée, maux de ventre quotidiens. Son médecin suspecte un déséquilibre de la flore intestinale. Sa lassitude devient manifeste, ses pensées pénibles. Elle ne se reconnaît plus.

Le burn-out est en train de la miner. Ses ressources, psychiques comme physiques, ne lui permettent plus de retrouver l’équilibre.

Fatigue passagère ou fatigue qui s’installe ?

Xavier, Violette et Valérie sont tous les trois fatigué·e·s. Mais leurs fatigues ne disent pas la même chose.

Une fatigue qui se récupèreUne fatigue qui ne se récupère plus
Elle a une cause identifiable (un effort, une blessure)Les causes s’accumulent et s’entremêlent
Le repos et quelques ajustements suffisentLe repos ne marche plus, le sommeil se dérègle
Le moral suit la récupérationLes pensées deviennent négatives, on ne se reconnaît plus
Le corps se répareLe corps parle : dos, ventre, tensions, infections
On accepte de lever le piedOn continue à tenir, pour les autres, « encore un peu »

Certaines fatigues ont aussi une cause physique, comme le déséquilibre thyroïdien de Violette. C’est pourquoi un avis médical est toujours utile pour faire la part des choses.

Écouter sa fatigue

Écouter sa fatigue, c’est important. Ce n’est pas un manque de courage ! C’est le meilleur moyen de distinguer une fatigue passagère d’une fatigue plus complexe, qui demande un accompagnement adapté.

Prendre soin de ses pensées et de son corps, c’est vital. Il est parfois urgent de ramener le présent dans nos têtes et dans nos sensations.

Pas facile de se replacer au centre, de s’accorder une attention déjà bien fragilisée. Mais c’est incontournable pour se relever, et pour pouvoir, ensuite, prendre soin des autres.

Vous vous reconnaissez dans ces mots ?

Vous dormez mais ne récupérez pas ? Vous attendez les vacances comme une bouée ? Vous n’avez pas à attendre l’effondrement pour en parler.

Votre médecin peut vous aider à y voir plus clair. Et si vous cherchez des personnes qui savent, de l’intérieur, ce que vous traversez, c’est ce que nous proposons chez ReBOnDire22.

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